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La psychologie au poker

Auteur :

Jérémy Moreau

La psychologie au poker revêt différents aspects : tout d’abord celui en rapport avec le jeu lui-même et celui lié au mental.

Avant de rentrer dans les détails, il est primordial d’expliquer ce qu’est le poker. C’est un jeu comprenant différent tours de mises, plus ou moins élevées en fonction des variantes. Les joueurs découvrent les cartes, construisent une combinaison et misent. La main la plus forte remporte le pot. La notion de bluff rend ce jeu particulièrement intéressant puisque même avec la main la moins forte il est possible de gagner.

Le poker n’est pas un jeu purement de hasard, ce ne sont que des statistiques avec évidemment une part de chance, ce qui laisse la possibilité à un joueur amateur de battre un professionnel, sur le court terme bien sûr.

Différents stades de réflexion existent, cela dépend seulement des joueurs eux-mêmes. Dans chaque partie, il faut avant tout estimer son niveau par rapport aux autres joueurs de la table, sans quoi il sera compliqué d’établir une stratégie. La psychologie au poker part de là, savoir évaluer ce que pensent les autres de nous et d’eux-mêmes, afin de mieux comprendre leur façon de jouer. Ainsi, on peut définir plus ou moins précisément pourquoi ils misent, pourquoi relancent-ils ou encore s’ils seront capables de comprendre ce que nous faisons. Grace à cela, il devient plus simple de les bluffer lorsque cela est nécessaire.

Un niveau basique au poker, dit niveau ABC, consiste à jouer seulement les meilleures cartes afin de créer les meilleures combinaisons, et miser. Généralement, c’est la meilleure façon de gagner à ce jeu car lorsque l’on joue face à des joueurs novices, il est inutile de bluffer, voire déconseillé. Cependant, cette technique n’est pas efficace face à des joueurs confirmés, qui sauront détecter rapidement votre façon de jouer. Dans les hautes limites de ce jeu, les joueurs ne laissent rien au hasard, ils vont chercher à « équilibrer » leurs « ranges » de mains, c’est-à-dire jouer de bonnes cartes mais aussi de moins bonnes. Ainsi ils seront moins lisibles et la notion de bluff aura une plus grande importance puisque, pour gagner avec les moins bonnes cartes, ils devront bluffer.

La prise de réflexion est parfois très longue car chaque joueur confirmé aura conscience de la façon de jouer des autres, de la sienne et de ce qu’il cherchera à montrer, à base de « je pense que tu penses que… je fais ça pour que tu penses ça…» et finalement, il n’est pas rare que les cartes ne comptent plus pour ces joueurs-là; tout est basé sur ce que l’adversaire peut avoir en mains et sur ce que l’on veut lui faire croire afin qu’il se couche et remporter le pot sans montrer nos cartes.

Lors des parties physiques, et non sur internet, les joueurs peuvent en plus de tout ça voir la posture des autres joueurs, leur façon de tenir les cartes, de miser, de se tenir à la table, ce qui va, en plus du reste, donner de précieuses informations sur la main adverse (si le joueur tremble en misant, s’il ne parle plus à la table, s’il respire fort, tout autant de signes qui peuvent aider dans une décision).

Coté mental, les joueurs de poker réguliers jouent généralement plus qu’un joueur novice et, puisqu’ils sont censés être meilleurs, ils font faire des erreurs à leurs adversaires. Le poker est basé sur des statistiques. Ainsi, même en ayant la meilleure main il est possible de perdre le coup, c’est ce qu’on appelle un « bad beat » et il est relativement frustrant de perdre alors qu’on est le favori.

Entre les réflexions poussées, l’adaptation constante aux tables face aux différents joueurs, l’attente d’une bonne main et ces « bad beat », il arrive que les joueurs de poker « tilt » (une forme d’énervement plus ou moins extériorisé) ce qui les amène à mal jouer. Il est primordial de garder en tête que le poker est avant tout un jeu, que seul le long terme compte et que ces « bad beat » s’équilibrent toujours. Si j’ai 80% de chance de gagner un coup, cela ne veut pas dire que j’ai la certitude de gagner mais bien que dans 1 cas sur 5 je perdrai le coup statistiquement.

Mais ce concept reste parfois difficile à comprendre pour certains et perdre ce genre de coups entraine une forme de « tilt » inutile. Beaucoup d’autres concepts simples et compliqués à la fois sont à retenir afin de toujours jouer de façon la plus optimale possible. Beaucoup de joueurs professionnels ont d’ailleurs une vie très saine pour être dans les meilleures conditions avant chaque partie afin de palier tout cela.

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