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Se soigner soi-même : exemple du biofeedback de cohérence cardiaque

Auteur :

Alhadi Chafi

Docteur en Psychologie Comportementale, Cognitive et Émotionnelle
alhadi.chafi@cognisciences.fr

Etant récemment passé à une convention d’arts martiaux en tant que spectateur, la vue de jeunes en train de tenter de noyer leur stress en musique grâce à un casque ou des écouteurs m’a rappelé mes propres stratégies de compétiteur. Ayant eu la chance d’être passé par un stage au CREPS de Wattignies en 2007, mes camarades et moi avions été confrontés à une méthode révolutionnaire que j’aimerais vous présenter ici. Pour ainsi dire peu connue du grand public Français, cette méthode a pourtant fait ses preuves sur « les meilleurs d’entre nous » en cardio-training, j’ai cité les sportifs de haut niveau.

Le principe est relativement simple : être capable de gérer soi-même sa cohérence cardiaque, et par la même son niveau de stress, en influancant sa respiration. La cohérence cardiaque correspond mathématiquement à l’inverse de la fréquence cardiaque (i.e., 1/fc). On parle de biofeedback car la cohérence cardiaque est mesurée via des éléctrodes autour du poignet et projetée sur l’écran d’ordinateur. Le logiciel permet d’être mis en situation dans un jeu où le but est d’avoir un souffle le plus régulier possible et par là même une cohérence cardiaque de bonne qualité.


Exemple de jeu utilisé dans le cadre de l’entrainement
à une bonne cohérence cardiaque (aviron – logiciel SymbioFi).

Ayant moi-même testé cette technologie en tant que bénéficiaire et thérapeute, j’ai trouvé que le support est intéressant dans les deux cas. D’autant plus que si on s’octroie les outils nécessaires, on peut s’entrainer à la maison sans thérapeute.

Pour ce qui est de l’aspect scientifique, il semble que le biofeedback de cohérence cardiaque soit le plus étudié et le plus utilisé dans le monde (McCraty & Tomasino, 2004). Surtout usité pour contrer les effets du stress, cette technique peut cependant être insuffisante en cas d’évènement traumatique associé. Auquel cas, voir un thérapeute reste indispensable.

Des travaux actuels s’intéressent au neurofeedback (biofeedback à l’aide d’un éléctroencéphalogramme) car la niche est potentiellement riche mais pour l’instant peu de données vont dans le sens d’un possible contrôle des ondes cérébrales. Cependant, nous avons bon espoir qu’un jour, le cerveau sera aussi « entrainable » que le cœur ne semble l’être.

La raison pour laquelle le coeur doit être entrainé afin de diminuer son stress est aussi étonnante que logique. Le cœur possède un système nerveux indépendant, ce qui explique le manque de contrôle potentiel du système nerveux central (SNC) sur celui-ci. On a tous à un moment ou à un autre rencontré quelqu’un que nous ne « sentons » pas sans savoir pourquoi. A première vue et sans même avoir échangé avec cette personne. Une hypothèse pourrait être celle de l’interaction SNC/Cœur. Exemple : Vous venez de courir pour arriver à temps à un symposium où votre collègue préféré vous attend devant l’amphithéâtre. Une fois arrivé, vous vous installez et une fois assis, vous regardez un autre spectateur droit dans les yeux. Pour rappel, ceci est un comportement menaçant chez nos cousins les Gorilles. Battements cardiaques par minute plus élevés que la normale associés au regard croisé peuvent engendrer désagrément et jugement négatif du spectateur regardé… sans doute parce que la situation d’être retardataire ne vous permet pas de vivre une émotion positive à ce moment là. Dans un autre contexte, vous auriez pu apprécier cette même personne au premier regard !

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